Barrage de Ouéssa : La capacité risque d’être inférieure à 4 milliards de mètre cube

Le Ministre de l’Eau et de l'Assainissement Niouga Ambroise Ouédraogo a visité le site du futur barrage de Ouéssa le jeudi 7 février 2019 dans la commune de Ouéssa plus précisément dans le quartier Badaté du village de Dianlé, Région du Sud-Ouest. Cette sortie terrain s’inscrit dans le cadre d’une série de visite des grands chantiers d’aménagements hydrauliques initiés par son département.

La capacité du future barrage de Ouéssa risque de ne plus atteindre 4 milliards de mètre cube comme initialement prévu par les études antérieures. C’est ce qui ressort des premières conclusions des nouvelles études approfondies commanditées par le ministère de l’Eau et de l’Assainissement depuis novembre 2017. Ces études techniques de pointe ont démontré qu’un barrage d’une capacité de 4 milliards de mètre cube aura des conséquences néfastes sur la fonctionnalité des vannes de Léry ainsi que sur des infrastructures telles que la voie ferrée, la route nationale N°1, la future autoroute Ouaga-Bobo. Des terres agricoles et des forêts classées pourraient également être impactées. Selon le consultant en charge des études actuelles à savoir STUDI/EIPL/AC3E, l’ampleur de ces impacts sera fonction de la côte de calage du plan d’eau normal retenue. Il a indiqué que les tendances actuelles donnent une capacité du barrage comprise entre 1.2 et 1.5 milliards de mètre cube.

C’est la principale information qui est ressortie de la visite entamée par le ministre de l'Eau et de l'Assainissement Niouga Ambroise Ouédraogo sur le site du barrage de Ouéssa. « Le projet d’aménagement hydroélectrique et hydroagricole de Ouessa est retenu par ailleurs comme investissement structurant dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) et constitue une promesse de campagne du Président Roch Marc Christian Kaboré. Son objectif est de contribuer à accroître les capacités de production hydroélectrique, agricole, pastorale et piscicole du pays et au développement économique et social durable des populations de la zone du projet. Les études techniques de faisabilité et d’exécution en cours permettront à mon département de disposer de données actuelles et précises sur les caractéristiques et les impacts réels du barrage sur son environnement » a souligné le Ministre Ouédraogo.

En rappel le projet de réalisation du barrage de Ouéssa a été identifié en 1981 lors des études préliminaires du schéma directeur d’aménagement de la haute vallée du Mouhoun par le Bureau d’Etudes GERSAR en 1981. La capacité du réservoir était alors estimée à 4 milliards m3 et la puissance installée est de 7.8 MW pour une côte de retenue normale à 250. Par la suite, des investigations menées en 1994 par EDF pour le compte de la SONABEL dans le cadre d’un inventaire des sites potentiels de production de l’hydroélectricité ont permis d’identifier le site de Bon avec une capacité de stockage de 2 milliards de m3. Des études sommaires réalisées en 2013 par la firme indienne Angélique ont conclu à un barrage d’une capacité de 4 milliards m3 à la côte 249 et une puissance installée de 21 MW.

La critique majeure sur ces trois estimations reste que pour obtenir une capacité de 4 milliards m3, la côte minimale serait égale à 249. Mais à cette côte, les vannes de Léry ( côte de fond de la retenue égale à 246.50) ne seront plus fonctionnelles ; ce qui montre qu’une capacité de 4 milliards m3 ne peut être obtenue sans conséquences néfastes sur ces vannes situées en amont du barrage projeté et qui permettent l’exploitation agricole de la vallée du Sourou.

C’est donc au regard des insuffisances des études antérieures que le ministère de l’Eau et de l’Assainissement a lancé de nouvelles études techniques de faisabilité et d’exécution du projet dans la perspective de le mettre en œuvre.

Ces études consistent en l’élaboration d’un dossier technique de faisabilité et d’exécution du projet qui comprend essentiellement le barrage, la centrale hydroélectrique, le potentiel hydroagricole, le développement des activités d’élevage, l’agro-industrie et les ressources halieutiques, mais aussi la protection et la sauvegarde de l’environnement.

Pour s’assurer de la qualité des études, deux organes ont été mis en place :

-       une Commission Technique Interministérielle d’appui à ces études, composée de onze (11) ministères à l’effet d’impliquer toutes les parties intéressées dans le processus de validation des études. Depuis le mois de mai 2018 à ce jour, trois(03) sessions de la Commission ont eu lieu pour apprécier l’évolution des études et surtout pour approuver le choix du site.

-       un panel d’experts internationaux ayant pour mission d’apprécier les méthodologies d’exécution des prestations, de faire une analyse avisée des rapports produits et de formuler des recommandations en vue d’une meilleure exécution des prestations du groupement de bureaux en charge de l’étude.

Somborigna Djélika DRABO

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