Les toilettes, une impérieuse nécessité pour chaque burkinabè

 

La problématique de l’assainissement tant en milieu rural qu’urbain reste un défi majeur pour le gouvernement burkinabè. Le taux d’accès à l’assainissement reste faible et  en deçà des attentes.  En milieu rural, le taux est passé de 0,8% en 2010 à 12% en 2015, et de 14 à 32% en milieu urbain. En dépit des efforts consentis, la pratique de la Défécation à l’Air Libre (DAL) demeure, avec son corollaire de maladies et de pollution. L’enquête nationale sur l’assainissement réalisée en 2010 qui a révélé que 6 ménages sur 10 utilisent la nature comme lieu de défécation  
Cela montre que la pratique de la DAL est la preuve que de nombreuses personnes n’ont pas encore la pleine mesure de l’importance des toilettes sur la dignité humaine, sur la santé, sur l’environnement et partant sur le développement socio-économique.

En 2015, 2,4 milliards de personnes vivaient sans installations sanitaires dans le monde. Le manque de toilettes impacte fortement la  vie quotidienne des individus et affecte aussi le budget de l’Etat. Le Burkina perd 86 milliards de FCFA par an, par manque d’assainissement.
Un assainissement inadéquat et la consommation d’eau insalubre occasionnent des diarrhées qui tuent chaque année, selon les statistiques de l’ONG WASH WATCH, 315 000 enfants de 0 à 7 ans. Selon l’Organisation internationale du Travail, les maladies causées par un assainissement et une hygiène médiocres, occasionnent 17 % des décès de travailleurs, entraînant une perte de productivité pouvant atteindre 5 %.
Plusieurs approches utilisées pour amener nos populations à adopter des comportements favorables à l’hygiène et l’assainissement ont donné des résultats mitigés. L’option adoptée actuellement, est de donner aux populations le leadership dans toutes les actions de développement de leur communauté. La prise en charge de l’hygiène et de l’assainissement par toutes les composantes de la population sera un gage de pérennité des actions entreprises.

Chaque Burkinabè doit contribuer activement à l’éradication de la défécation à l’air libre, dans un avenir proche, au Burkina Faso. Car sans cela, les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires à offrir des cadres de vie sains, à vouloir préserver la santé, l’environnement la dignité des populations ne seront que peine perdue.

Les toilettes demeurent donc une impérieuse nécessité pour chaque burkinabè. Car elles permettent d'améliorer la santé des personnes et de garantir la sécurité et la dignité, particulièrement pour les femmes et les filles.

Nous devons dès aujourd’hui nous engager ensemble  pour un accès universel à des services durables d’assainissement au Burkina Faso soit en construisant des toilettes, soit en offrant des toilettes à nos proches qui n’ont pas les moyens de s’en offrir. Ce n’est qu’à ce prix que nous bouterons hors de nos frontières plusieurs maladies liées au manque d’assainissement et disposerons d’hommes valides, en bonne santé capable de contribuer au développement de notre chère patrie qu’est le Burkina Faso.