Gestion des eaux usées : cultivons le bon reflexe

La gestion des eaux usées constitue une préoccupation majeure pour le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement. Du fait de l’urbanisation accélérée et de l’industrialisation galopante, les eaux usées connaissent une véritable expansion au Burkina Faso et particulièrement dans les deux grandes villes Ouagadougou et Bobo Dioulasso et dans certaines zones minières.

Dans la région du Centre, seulement 4,6% des ménages disposent d’un système amélioré de collecte des eaux usées domestiques et moins de 6% utilisent les fosses simples dans chaque région du Burkina.  Ainsi, Chaque jour constitue un nouveau défi car des milliers de m3 d’eau usée provenant des ménages, des industries sont déversées dans l’environnement sans un traitement préalable. On évalue à plus de 80% la quantité d’eaux usées générée par les différents usages qui sont directement déversées dans la nature sans être traitées ni réutilisées avec des risques énormes sur la santé humaine, animale et végétale. Ces eaux polluées se retrouvent très rapidement dans la chaîne alimentaire et sont à l’origine de plusieurs épidémies (fièvre typhoïde, choléra, Ebola …) dues à la contamination des eaux et des plantes. Elles sont également des sources potentielles de pollution de la nappe phréatique et de prolifération de moustiques engendrant ainsi des maladies comme le paludisme et la dengue.

 A côté de ces réalités, il y a aussi la pollution des ressources en eau par les eaux usées directement ou indirectement éjectées dans les retenues d’eau, et qui peuvent se révéler hautement toxiques pour l’Homme et son entourage. Des cas d’intoxication sont souvent constatés un peu partout. 

Dans certaines localités, surtout dans les zones où l’exploitation artisanale d'or a élu domiciledes puits ont été fermés pour avoir été contaminés par des produits chimiques hautement toxiques comme le cyanure et le mercure utilisés par les orpailleurs. 

Des morts d’animaux de toute espèce (poissons, bœufs, moutons …) sont souvent fréquents. Dans ces localités,  l’écosystème est généralement perturbé et on note un appauvrissement de la biodiversité.

Face à toutes ces menaces qui pèsent sur l’Homme et son environnement, mon département à travers sa  Direction Générale de l’Assainissement et l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement, a entrepris de nombreuses actions pour améliorer le système d’assainissement au Burkina Faso. C’est dans cette perspective que des stations de collecte et de traitement des eaux usées ont été implantées à Ouagadougou (Kossodo et Zagtouli)  et Bobo Dioulasso. Elles  permettront non seulement d’améliorer le système de gestion des eaux de mauvaise qualité, des boues de vidange mais aussi de les recycler pour les réutiliser notamment dans l’agriculture et l’énergie.

 Outre cela, nous avons réalisé au 31 août 2017 entre autres 50 447 latrines familiales, 12 233 puisards en milieu rural et 17 500 latrines familiales, 5 565 puisards en milieu urbain. C’est loin d’être suffisant. Voilà pourquoi, j’invite donc les citoyens burkinabè à cultiver de bons réflexes en matière d’assainissement à travers la construction de puisards domestiques, de latrines pour contribuer à la lutte contre la prolifération de certaines maladies liées à l’expansion des eaux usées. Aux industriels, je les exhorte à respecter les normes de rejet en matière d’eau usée pour préserver la santé de la population. C’est à ce prix que nous pourrons gagner la bataille pour l’atteinte de l’accès universel à l’assainissement à l’horizon 2030 au Burkina Faso.

Niouga Ambroise OUEDRAOGO

 Ministre de l’Eau et de l’Assainissement

Officier de l’Ordre National